Interview David Leavitt

Voici une interview de David Leavitt que j'avais fait en janvier 2009.

 

Que pensez-vous des nouvelles générations de LB que vous rencontrez aujourd’hui ? Etes vous fier de votre travail ?

Mon premier critère de qualité pour un Leavitt Bulldog est le phénotype du chien (l'apparence) correspondant aux chiens qui combattaient les taureaux. L'aspect de ces chiens a évolué depuis de son apparition en 1100 ap J.-C. jusqu'a 1835, date à laquelle les combats chiens/ taureaux sont devenus illégaux.

Mes chiens doivent correspondre physiquement au Bouledogue de la période 1790 à 1835. Le site Internet de la LBA montre certaines de mes représentations préférées (peintures, dessins, sculptures) de ce chien durant cette période. Mon second, troisième et quatrième critères sont presque aussi importants que le premier. Ce sont une bonne santé, la bonne conformation et un bon tempérament. Sur la base de ces critères, je suis fier des chiens produits aujourd’hui par les éleveurs de LB.

Des gens élèvent encore du LB 40 ans après le début de votre création et d’autres ont copié votre travail (un signe de qualité), ce doit être incroyable d’être reconnu de son vivant ?

La reconnaissance pour mon travail passé m’intéresse peu sauf lorsque des entraîneurs de chien spécialisés et des éleveurs qui m’apprennent encore des choses sur le chien me disent avoir entendu parler de moi.

Ma dignité personnelle comme un homme de chien est importante pour moi bien que.

J'apprécie le fait d’avoir mis en place la LBA, dans l’espoir qu'il aidera les gens à élever des Bouledogues en bonne santé et à la norme que j'aime, lorsque je ne serais plus là. Une de mes plus grandes joies aujourd'hui est d’entraîner encore des chiens et d’apprendre au coté du maître des entraîneurs, Ruben Perez (avec les Chiens de Protection Loxahatchee).

 

Certains éleveurs disent que vous n’etes pas le premier à avoir recréer un BA de type ancien, qu’en dites-vous ?

3. J'ai commencé mon projet de chien au début des années 70. Tout ce que je voulais au départ, c’était d’avoir deux ou trois chiens qui correspondaient au type de Bulldog ancien et les utiliser comme chiens de garde et animaux de compagnie. N’arrivant pas en trouver, j’ai alors crée l'Olde English Bulldogge. J'ai appris plus tard l’existence de Clifford Derwent et de son Regency Bulldog. Mais il avait déjà arrêté sa lignée. Je crois qu'il a commencé son travail au même moment que moi, mais il est possible qu’il ait pu commencer avant. C’était un homme très honorable. J'ai vu une photo d’un de ses chiens, il était beau et avait l’air vif.

Je pense qu’il y a aux Etats-Unis un long passé concernant les Bulldog qui étaient des animaux de compagnie, des gardiens de ferme ou des chiens de chasse. Mais qu’il n'y avait aucune race organisée.

 

 

Aujourd’hui, on voit beaucoup de races ou de lignées porter le nom de OEB (nom que vous avez inventé), quels sont pour vous les éleveurs, races/lignées que l’on peut respecter pour leur travail de recréation ?

4. Je vois très peu de Bouledogues alternatifs (non Bulldog Anglais) que je prendrais comme apport (sang neuf) dans ma race. La santé est devenue une faible composante aujourd'hui dans le monde du Bouledogue alternatif parce que la plupart des éleveurs n'ont pas de critères de sélection ni de reproduction stricts. Les seuls que je respecte, sont les éleveurs qui travaillent leurs chiens et prouvent leur qualité au travers de leurs performances. J’en connais deux qui sont dans l'entraînement de la protection personnelle. Je voudrais voir plus de chiens rivaliser et prouver leurs capacités dans les concours de weight pulling, d’obéissance et d’agilité mais peu d'éleveurs ont le tour ou les connaissances nécessaires pour former leurs chiens.

Les éleveurs veulent recréer les Bouledogues des dessins animés de leur enfance. J’apprécie ces chiens, mais ils ne correspondent pas à l’ancien type du Bulldog que j'aime.

 

Que pensez-vous de l’IOEBA ?

5. Je ne respecte pas l'IOEBA à cause de la large gamme de types qu'ils enregistrent (Pit Bull, Boston terrier et tout ce qui ressemble à du Bulldog) et le manque d'effort quant à l'amélioration de la santé des chiens et à l'éthique de leurs éleveurs.

 

Quand avez vous crée l’OEBA, Quand et pourquoi avoir rejoint l’OEBKC et quand avez vous crée la LBA ?

6. J'ai créé l'OEBA en 1975, pour enregistrer et garder le livre des origines pour mes chiens. En 1993, j'ai été forcé d’arrêter de par la difficulté à trouver de bons élevages pour placer les chiens que j’avais produit et le manque de partenaires de reproduction fiables. J'ai passé quelques années à essayer de sauver des Pit Bull dédiés au combat et j’en ai gardé 3, dont le dernier est toujours vivant aujourd'hui.

En 2005 on m'a demandé de participer à l'OEBKC comme Président. Je l’ai quitté car des éleveurs de seconde zone me disaient à quoi devait ressembler ma création et comment elle devait être gérée. J’ai alors crée la Leavitt Bulldog Association en janvier 2006.

J'ai voulu aussi effacer la confusion provoquée par d'autres éleveurs utilisant le nom d'OEB (que j’avais inventé) sur des chiens sans rapport avec ma race. Ayant estimé qu'il serait impossible de les convaincre tous de ne plus utiliser le nom de ma race, j'ai abandonné le nom que j'avais créé et l’ai appelé Leavitt Bulldog, pas par égocentrisme mais parce que les gens les appelaient déjà ainsi.

 

Quel a été le LB le plus important pour vous et pourquoi ?

8. Je n'ai jamais autant aimé un chien que mon Bulldog Anglais Big Ben. Son corps n'était pas en adéquation avec son esprit et mon amour pour lui m'a poussé à recréer le Bulldog Anglais d’époque, qui était physiquement sain.

Mes deux chiens parfaits étaient de Tweed et Rosa.

Aujourd'hui il y a un certain nombre de LB dont l'apparence correspond à l’ancien type et qui sont en forme et en bonne santé.

 

Est il vrai que John D Johnson a utilisé du Leavitt Bulldog pour régler les problèmes de dysplasie sur le Bulldog Américain ?

10. Faux. John D. Johnson m'a loué deux fois des femelles pour la reproduction. Je les ai accouplé à un Bouledogue anglais qui s’appelait Westcamp’s High Hopes.

John D. m'a aidé. Je lui ai donc apporté un des chiots de cette portée qu'il a appelé Gale en l'honneur de ma femme. Il a utilisé cette femelle dans sa lignée de Bouledogues américains. Il aurait pu cacher cette « intruse », mais il a été honnête et a utilisé mon nom de chenil, Bull Mead, dans ses enregistrements et pedigrees.

 

 

Pouvez vous nous raconter cette rencontre ?

11. J'ai découvert John D. dans un bulletin ARF produit par Tom Stodghill. Je suis allé à sa ferme dans le Nord-Ouest de la Géorgie plusieurs fois.

John D. et Mildred (sa femme) étaient des gens adorables et des hôtes très gentils et chaleureux.

Nous étions de milieux très différents mais notre amour du Bouledogue nous a réunis. John D. était un bon ami.

 

Comment un chien devient Leavitt Bulldog ?

12. L'enregistrement à la LBA est nécessaire pour autoriser un chien à porter le nom de Leavitt Bulldog. Nous sommes contents aussi de faire reconnaître nos chiens inscrits par d'autres organismes d’enregistrements.

 

 

En conclusion, j’aimerais vous livrer mes pensées sur le monde du chien actuel. J'ai eu le privilège de rencontrer certains entraîneurs et éleveurs de chien extrêmement qualifiés au cours de ces dernières années.

Ils tous ont été dans le monde du chien de travail; du weight pulling, des sports de protection, de la chasse au sanglier et de l'obéissance.

Ce qui distingue ces gens des autres, est qu'ils apprennent encore tous chaque jour, qu’ils essaient de s'entraîner au mieux et de faire de l’élevage le plus consciencieusement possible.

Les compétitions montrent alors leur succès ou leurs échecs.

Et d’un autre coté, je vois bien le jeu des novices qui ont une haute opinion d’eux même, mais avec des connaissances très limitées dans la reproduction et la stabilité d’une race. Ils sont conduits par le désir de faire de l'argent et non par la qualité des chiens.

Certaines organisations sont inventées par ces éleveurs de seconde zone qui n'ont pas un seul vrai expert en chien dans leur club. En s'isolant et en ne voyant jamais ce qu'un grand dresseur de chien peut accomplir, ils se convainquent eux même et ainsi que d'autres de leurs erreurs.

Ma joie dans le monde du chien aujourd'hui est de regarder et d’apprendre au contact des experts et d’améliorer mes connaissances.

J'apprends à mieux comprendre les chiens et à mieux communiquer.

J'ai quitté le monde des ordres et de la discipline pour celui de l'apprentissage de meilleures méthodes afin d’apprendre et de développer le travail d'équipe nécessaire entre un dresseur et son chien.

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